Dans les airs en montgolfière

Le mois dernier, j’ai effectué un vol en montgolfière dans le Morbihan. J’avais attendu longtemps avant d’utiliser ce cadeau, et cela avait failli me coûter cher : c’était le tout dernier jour de la saison ! En effet, les montgolfières ne volent pas après octobre (elles reprennent au printemps). A un jour près, j’aurais perdu ce cadeau sans l’avoir utilisé (il n’est en effet valable qu’un an, et on me l’avait offert à Noël).
Mais ce n’est pas de ce vol dont je souhaite vous parler. Si fabuleux qu’il fut (et il le fut !), cette aventure m’a surtout amené dans le Morbihan où je suis resté en hébergement deux jours. Si vous ne connaissez pas la région, vous ignorez peut-être que la Bretagne offre un grand nombre de sites mégalithiques. Mais vous connaissez certainement mon amour des vieilles pierres.
Le second jour de ce périple, je me suis donc rendu au cairn de Gavrinis, dont mes hôtes m’avaient parlé la veille. Je ne pouvais résister à la tentation !
La petite île de Gavrinis abrite une énigme bien gardée. Sur sa pointe sud se trouve l’un des plus beaux mégalithes du monde, vieux de près de cinq mille ans : une vaste chambre funéraire, formée d’un dolmen recouvert d’un cairn ou « amas de cailloux », c’est-à-dire des pierres séchées assemblées sans mortier. En entrant dans la sépulture, je fus saisi par sa taille impressionnante – 8 mètres de hauteur et plus de 50 mètres de diamètre ! – et par son austère et pénétrante beauté. Un long couloir conduisait à la chambre funéraire couverte d’une énorme dalle ; celle-ci était ornée, tout comme les menhirs servant de piliers, de magnifiques motifs que nos lointains ancêtres eurent bien du mérite à graver : car il s’agissait là de dur granit ! Les mystérieuses spirales, les formes concentriques et serpentines évoquaient des haches et des crosses, mais sont peut-être une représentation primitive de la déesse mère. Quelque soit leur sens, leur beauté et la qualité de leur exécution en font un véritable chef-d’oeuvre.
Les cassures et le décor de la grande dalle – des bovidés attelés à une charrue – s’ajustent parfaitement à celle d’une stèle trouvée sur le continent, à Locmariaquer. Elle faisait donc à l’origine partie de ce monument puis, pour des raisons obscures, fut acheminée à Gavrinis : ce bloc de 17 tonnes fut sans doute transporté par radeau sur un mince chenal d’eau devenu, bien plus tard, le golfe du Morbihan. Nul ne sait pourquoi, environ trois mille ans avant notre ère, le site cessa d’être utilisé. Tout comme les pyramides d’Egypte, le cairn de Gavrinis garde jalousement la clef dde son mystère.
Si vous allez un jour dans le Morbihan, je ne saurais quelle activité vous conseiller : la visite du cairn ou le vol en montgolfière. Dans le doute, faites les deux. Elles offrent, chacune à leur manière, des souvenirs inoubliables. Suivez le lien pour en apprendre plus sur ce baptême en montgolfière.

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